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Weaving
La FDCUMA organisait une démonstration de semis direct le jeudi 10 octobre avec la CUMA d’Alban. Entre découverte de la technique ou du semoir, les questions ne manquaient pas. En préambule, Sylvain Saunal (FD CUMA) a pointé les finalités agronomiques du semis direct (SD) : limiter l’érosion et ne pas perturber la vie du sol. Un autre enjeu réside dans la réduction des charges de mécanisation. Le SD est un des piliers de l’agriculture de conservation des sols. La discipline vise à couvrir le sol en permanence. Pour réussir, il est important d’allonger les rotations. L’idéal est de réaliser un enchaînement de cultures de ventes et de cultures destinées à nourrir le sol.



« Il n’y a pas de bon ou de mauvais semoir »


Avant de choisir l’outil, Sylvain Saunal rappelle qu’il faut « penser différemment et savoir rebondir sur des échecs. Il est important de réfléchir à un système global et de s’extraire d’une approche culture par culture. » La réactivité et les arbitrages sont aussi des bons outils comme l’a illustrée la démo. Prévue en « semis d’orge dans un couvert végétal », elle s’est muée en semis d’épeautre après fèverole. En effet, les terres de l’agriculteur venaient de recevoir des pluies et l’humidité dans le couvert était trop élevée et la végétation pouvait se coller aux disques.
La parcelle de démonstration a illustré un atout du semis direct : « Il y a 7 ans, j’avais beaucoup de pierres mais aussi des excès d’eau », témoigne Guillaume Aubéroux. La texture du sol s’est améliorée et les gains de matière organique ont été observés. Sur cette parcelle comme sur les autres, des méteils ont été introduits dans la rotation. Tous les 2-3 ans, une légumineuse ou un colza sont implantés. En parallèle de gains agronomiques, la maîtrise des charges a aussi été observée. L’agriculteur consomme environ 6 l/ha de gasoil pour implanter une culture ou un couvert. Le débit de chantier est de 1 h/ha, réglage du semoir compris.


Et les limaces ?


L’assistance a été rassurée sur le risque limaces. Sylvain Saunal a fait remonter les expériences de populations fortes les premières années de semis direct mais un retour à la normale ensuite. « Sur céréales, je ne mets plus d’anti-limace depuis le SD, note Guillaume Aubéroux. Pour les ray-grass, il faut les surveiller. Mais quand on sème dans du vert, elles ont assez à manger. » L’agriculteur a souligné que les molluscicides peuvent gêner les prédateurs des limaces. Le souhait de favoriser la vie du sol entraîne un recours modéré à la chimie de synthèse, uniquement en cas de pression critique. A l’image des impasses sur fongicides quand la culture va bien, l’usage du désherbant survient quand la météo a empêché le semis du couvert et à des doses entre 1 et 2 l/ha. 


Un deuxième semoir dans la CUMA 


Le groupe semis direct a fait le choix d’acquérir un second semoir en 3 m. Le Semeato by New Holland semait 350 ha par an. L’arrivée de nouveaux utilisateurs a débouché sur le choix du Weaving doté de disques inclinés. Son prédécesseur brésilien est gardé pour son côté passe-partout. Ses vérins appliquent une pression sur le sol suffisamment forte quand le sol est sec et dur. Quand les sols sont un peu humides, le disque droit affiche son inconvénient majeur : la terre est parfois emportée par le disque et la graine peut aussi tourner dedans si on roule au dessus de 6 km/h. Les débris végétaux peuvent aussi être enfouis dans le sillon. Arrivé au printemps 2019, le Weaving s’est démarqué par son châssis porté (le Semeato est traîné) et la faible perturbation du sol par son élément semeur à disques inclinés. Il découpe le sol pour placer la graine et une roue de rappui referme le sillon. La force de pression au sol  n’est pas aussi élevée. Pour autant, la double trémie, la facilité de vidange et la rapidité de calibration en font une machine du 21ème siècle. Aussi, le semis de colza associé se réalise en choisissant une poutre par chaque espèce. 


15 000 € le mètre, minimum


L’achat des semoirs direct nécessite un investissement conséquent. La mutualisation est une solution d’autant plus quand les subventions sont accessibles. Les services de la FDCUMA sont à même d’éviter les petites erreurs qui peuvent faire perdre certains soutiens financiers. L’expérience du Semeato a révélé qu’il ne faut pas « plaindre les pièces d’usures. Dès le changement de disques la qualité du travail a révélé une nette différence » explique l’éleveur.
Guillaume Aubérous estime que le tarif en fonction de la SAU est le meilleur compromis car il incite à semer des couverts qui sont indispensables à la réussite du système. Avec un amortissement sur 10 ans, le tarif est à 12 €/ha (entretien compris) pour 500 ha semés. Selon Sylvain Saunal, l’achat d’un semoir direct nécessite 150 ha minimum pour placer un tarif à 20€/ha de SAU. Ces chiffres sont amenés à varier selon les différents contextes pédoclimatiques et à comparer à d’autres itinéraires techniques sur la durée.

Article rédigé par Flavien ROUSSEL, journaliste au Paysan Tarnais
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